L’intimité : amie ou ennemie de la sexualité ?

La réponse à cette question parait évidente. Bien sûr que l’intimité est l’alliée de la sexualité !

Plus il y a d’intimité, au sens de la qualité de la relation, de reconnaissance de l’autre, d’honnêteté quant à nos échanges et même de toucher gratuit, plus les conditions semblent réunies pour une sexualité de qualité entre les deux partenaires.

Voici pour la face émergée de l’iceberg.

L'intimitéJe ne dis pas que cette face n’existe pas, ou est de moindre importance, je voudrais juste vous faire découvrir l’autre face, celle qui est par nature moins visible. J’ai rencontré de nombreux couples, heureux, épanouis en relation depuis plus de 15 ans, dont une proportion importante évoquait, comme un problème ou non, la question de la baisse du désir.

Au-delà des changements physiologiques induits par l’âge (ménopause, andropause,…), il semble que pour la quasi-totalité des couples, le désir n’a pas connu de réelle croissance au cours de la relation. Le désir était toujours à son maximum au « début » de la relation, ce début pouvant durer plusieurs années.

L’intimité qui est le fruit d’un processus de confiance, d’échanges et de respect ne pouvait être à son maximum dès l’origine de la rencontre, quelle que soit l’intensité des sentiments entre les deux partenaires.

Cela signifie-t-il que l’intimité peut augmenter sans que pour autant le désir augmente ?

Prenez un moment pour repenser à vos relations amoureuses, qu’en pensez-vous ?

Nous avons le sentiment que la complicité avec nos partenaires croît, sans pour autant que notre désir continue à augmenter. Que se passe-t-il donc ?

Je pense que l’intimité apporte une certaine sécurité, voire un certain confort. Hors, pour moi, le désir est avant tout une pulsion vitale qui incite à sortir de mon « petit moi », à aller au-devant de l’autre. Le désir est un élan alors que l’intimité crée un socle solide.

Peut-on s’élancer pour sauter sans prendre appui sur un sol ferme ? Non, bien sûr, la solidité de l’appui est une condition indispensable.

Mais quelle est la motivation profonde pour s’élancer ? Je pense que c’est nécessairement une forme d’inconnu et d’exploration. Si le niveau d’intimité devient synonyme de « il n’y a plus rien à explorer, plus rien à découvrir », alors peut être que l’intimité peut, en apparence, s’opposer à la sexualité.

Ce constat n’est pas un problème de plus à résoudre juste une tension à gérer. Je crois profondément que nos vies sont avant tout des équilibres instables, comme sur un vélo. Qu’il s’agisse de ma relation conjugale, de ma vie sexuelle ou d’autres facettes de ma vie, je dois accepter cette complémentarité des deux faces d’une même pièce. C’est là l’une des bases de la thérapie ACT, l’acceptation et l’engagement.

L’intimité n’est ni l’amie ni l’ennemie de la sexualité. L’intimité peut être intense et la sexualité aussi. C’est à la fois l’espace et le lien nécessaire entre les deux, c’est-à-dire ma capacité à me réinventer et à redécouvrir l’autre, qui crée la vitalité érotique dont peut se nourrir le désir.

Alain.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *